Beni, Nord-Kivu – République Démocratique du Congo.
Dans les zones rurales de Beni, Oicha, Mavivi et Kasindi, le cacao n’est pas qu’une culture : c’est un pilier de vie. Il rythme les saisons, structure les communautés et alimente une économie locale qui s’étend bien au-delà des frontières agricoles.
De la parcelle familiale au marché international, le cacao bio et durable de Beni est devenu le cœur battant de la résilience économique régionale.
🌾 Une culture ancrée dans la vie quotidienne
Dans les villages de la région, les familles vivent au rythme des floraisons et des récoltes.
Le cacao accompagne chaque étape de la vie : il paie la scolarité des enfants, finance les cérémonies, les soins médicaux et parfois même les projets communautaires.
Sous les arbres d’ombrage, les familles se réunissent pour trier, sécher et ensacher les fèves — un travail collectif qui renforce la cohésion sociale et la transmission du savoir-faire ancestral.
“Le cacao, c’est notre banque, notre assurance et notre avenir”, confie Mama Kavugho, productrice du secteur de Mbau.
“Quand la récolte est bonne, tout le village respire.”
Les coopératives rurales jouent un rôle clé : elles organisent la collecte, la pesée et la commercialisation, tout en veillant à ce que chaque producteur reçoive un prix juste et transparent.
💼 Une économie locale en mouvement
Autour du cacao s’est développée une véritable économie circulaire :
- Les transporteurs assurent la liaison entre plantations et centres d’achat.
- Les artisans construisent les caisses de fermentation et les tables de séchage.
- Les commerçants locaux bénéficient du pouvoir d’achat des producteurs pendant la saison des ventes.
- Et les acheteurs agréés participent à la régulation du marché en achetant les lots de fèves conformes aux standards internationaux.
Cette activité soutient des milliers d’emplois directs et indirects dans la région, depuis le planteur jusqu’à l’exportateur.
Chaque sac de cacao vendu représente une chaîne de valeur locale qui alimente l’économie de Beni, du Nord-Kivu et du pays tout entier.
🌍 Le cacao et l’économie nationale
À l’échelle de la RDC, le cacao devient une culture d’avenir au même titre que le café et le palmier à huile.
Les volumes exportés depuis le Grand Nord ont connu une croissance constante, notamment grâce aux efforts de certification et à la structuration des circuits commerciaux.
Le cacao bio de Beni, reconnu pour sa qualité aromatique et sa traçabilité, est désormais recherché sur les marchés européens, asiatiques et américains.
Ces exportations génèrent des devises précieuses pour le pays et contribuent à renforcer la balance commerciale nationale.
Le secteur attire aussi de nouveaux investisseurs privés, qui installent des centres de collecte et de transformation artisanale. Ces unités locales permettent de garder une partie de la valeur ajoutée dans la région, créant des emplois stables et renforçant les capacités techniques des jeunes.
🌱 Du champ à la conservation : le cacao et le parc des Virunga
La filière cacaoyère a également un impact environnemental positif.
Les plantations bio certifiées autour de Virunga participent à la réduction de la pression sur le parc national, l’un des plus riches en biodiversité du continent africain.
En offrant aux communautés rurales des revenus durables, le cacao contribue à limiter la déforestation illégale, à préserver les habitats des gorilles de montagne et à encourager la reforestation communautaire.
Le programme de production bio, soutenu par des partenaires comme Rainforest Alliance et les autorités environnementales locales, favorise une approche gagnant-gagnant :
la nature est protégée, et les populations en tirent une source de vie stable et digne.
🧑🏾🤝🧑🏾 Le cacao, symbole d’unité et d’espoir
À Beni, le cacao est devenu un langage commun.
Il rassemble agriculteurs, négociants, jeunes entrepreneurs, transporteurs et familles autour d’une même ambition : bâtir un avenir économique autonome et respectueux de la nature.
Le cacao n’est plus une simple culture commerciale — c’est une fierté identitaire.
Chaque fève séchée au soleil, chaque sac exporté porte la marque du courage, de la discipline et du savoir-faire congolais.
Et dans un contexte régional parfois instable, cette filière incarne l’espoir d’une prospérité fondée sur la paix, la terre et le travail.



